—Rien que l'ordre pour notre Sahib de faire un rapport sur quelque nouvelle maladie de bétail. Mais tous les ordres arrivent sous la même forme d'enveloppe. Nous n'aurions su dire quel ordre ce pouvait être.

—Lorsqu'il ouvrit la lettre... mon fils... n'eut-il pas un geste? Toussa-t-il? Jura-t-il?

—Aucun geste, Sahib. J'épiais ses mains. Elles ne tremblaient pas. Après cela, il s'essuya le visage, mais il transpirait auparavant à cause de la chaleur.

—Savait-il? Savait-il qui était le Hadji? demanda l'Infant en anglais.

—Je ne suis qu'un pauvre homme. Qui peut dire ce qu'un Sahib de ce sang sait ou ne sait pas? Mais le Hadji a raison. Il ne faut pas que s'en perde la race. Il ne fait pas très chaud pour les petits enfants, à Dupé, et pour ce qui est des nourrices, la cousine de ma sœur, à Jull...

—H'm'! Cela, c'est l'affaire du gamin. Je me demande si son chef a jamais su? dit Strickland.

—Assurément, répondit Imam Din. Le soir avant que notre Sahib descendît à la mer, le Grand Sahib—l'Homme aux Yeux de Pierre—dîna avec lui dans son camp, et j'étais chargé de la table. Ils causèrent longtemps, et le Grand Sahib dit: «Que penses-tu de Celui-là?» (Nous ne disons pas Ibn Makarrah, là-bas.) Notre Sahib demanda: «Qui, cela?» Le Grand Sahib répondit: «Celui-là qui a appris à tes mangeurs d'homme à cultiver le coton pour toi. Il est resté dans ton District trois mois, à ma connaissance certaine, et j'attendais par chaque courrier que tu me livrasses sa tête.» Notre Sahib dit: «S'il avait fallu sa tête, il aurait fallu désigner quelqu'un d'autre pour gouverner mon District, car c'était mon ami,» Le Grand Sahib se mit à rire, et dit: «S'il m'avait fallu un homme moindre à ta place, sois sûr que je l'aurais envoyé de même s'il m'avait fallu la tête de Celui-là sois sûr que j'aurais envoyé des hommes me la chercher; mais, dis-moi, maintenant, quels moyens as-tu employés pour l'entortiller à ton usage et notre profit dans cette histoire de coton?» Notre Sahib dit: «Dieu me soit témoin que je ne me suis en aucune façon servi de cet homme. C'était mon ami.» Le Grand Sahib dit: «Toh Vau! (De la blague!) Raconte!» Notre Sahib secoua la tête comme il fait... comme il faisait lorsqu'il était petit... et ils s'entre-regardèrent comme des tireurs d'épée sur une piste à la foire. Le Grand Sahib baissa les yeux le premier, et dit: «Soit. J'aurais peut-être répondu de même dans ma jeunesse. Peu importe. J'ai traité avec Celui-là comme allié de l'Etat. Un de ces jours, il me contera l'histoire.» Puis j'apportai à nouveau du café, et ils se turent. Mais je ne crois pas que Celui-là en dise plus au Grand Sahib que notre Sahib ne lui en a dit.

—Pourquoi? demandai-je.

—Parce que ce sont tous les deux des Grands; or, j'ai observé, dans ma vie, que les Grands emploient les mots en très petit nombre entre eux dans leurs affaires; encore moins lorsqu'ils parlent de ces affaires à un tiers. En outre, ils tirent profit du silence... Maintenant, je crois que la mère est descendue de la chambre, et je m'en vais lui frictionner, à lui, les pieds jusqu'à ce qu'il s'endorme.»

Ses oreilles avaient perçu le pas d'Agnès au haut de l'escalier; et voici qu'elle passa devant nous pour gagner le salon de musique en fredonnant le Magnificat.