—Mais, pourquoi l'a-t-on laissé tomber en cet état? demanda Sophie.

—Les maisons, c'est comme les dents, répliqua-t-il. Si vous laissez les choses aller trop loin, y a plus rien à faire. Y a eu un temps où ils avaient idée de la vendre, mais personne voulait acheter. Elle était ben trop loin de tout. Y a eu un temps où ils auraient voulu l'habiter eux-mêmes, mais v'là qu'ils se sont mis à mourir.

—Ici?»

Sophie bougea sous la lumière d'un trou du toit.

«Nenni—personne ne meurt ici, sauf de tomber des meules de foin et toutes choses comme cela. C'est à Londres, qu'ils sont morts. (Il cueillit un flocon de laine sur sa blouse bleue.) Ça n'avait pas de fond—pas plus les Elphicks que les Moones. Guère solide, tout ce monde-là. Il y a dix-sept ans qu'ils sont morts; car il y en a vingt-cinq que je suis gardien ici.

—A qui appartient toute cette laine, en bas? demanda George.

—A la propriété. Je vais vous montrer la partie de derrière, si vous voulez. Vous venez d'Amérique, à ce que je vois. J'y ai eu un fils moi-même, dans le temps.»

Ils se mirent à descendre derrière lui l'escalier principal. Il s'arrêta au tournant, et, du geste, balaya le mur:

«De la place, ici, pour que votre cercueil descende. Sept pieds de long et trois hommes à chaque bout n'effleureraient pas la peinture. Moi, si je meurs dans mon lit, on sera obligé de me mettre droit debout comme une boîte à lait. Tous les bonheurs, vous voyez?»

Il les conduisit, toujours de l'avant, à travers un dédale d'arrière-cuisines, de laiteries, de garde-manger et de laveries, qui, le long de chemins couverts, se fondaient en une maison de ferme, visiblement plus ancienne que les bâtiments principaux, lesquels recommençaient à vagabonder en granges, crèches, porcheries, étables et écuries, pour aboutir aux champs dénudés par derrière.