—Je suis d'autant plus aux regrets, dit Félicie.

—J'ai placé ce magnifique service,—continua le curé avec une ineffable candeur et une intention flatteuse,—sur le plus beau meuble qui me vienne de mademoiselle Gillot, votre respectable tante; c'est un parent à vous! dit-il en riant et tapotant le ventre du bureau.

Tout le monde trembla. Félicie raviva un instant la flamme de ses yeux colères.

—Je trouve, dit-elle, que ma tante Gillot pousse la générosité…

À cent lieues de soupçonner un reproche, le curé l'interrompit:

—Mademoiselle Gillot est une sainte, dit-il; elle fait pour l'Église ce qu'elle peut… Dieu lui en saura gré.

Ce fut dit si simplement et d'une figure si garantie de toute arrière-pensée, que les plus farouches eussent été désarmés. En vérité, si Félicie lui eût exprimé ses reproches, il n'eût pas compris. Il n'y avait plus qu'à s'en aller.

Le bon curé, le sang au visage, s'exténuait à ramasser les parcelles de la tasse brisée.

—Allons!—dit Félicie en lui tendant la main,—monsieur le curé, je vois bien qu'il faudra que je répare ma maladresse en vous priant d'accepter un service complet.

Ces demoiselles ne continrent pas leur joie. Elles faillirent embrasser Félicie qui avalait son dépit et leur disait: