—La guerre, dit Georgette, c'est bien autre chose que ça! Tu n'as donc jamais vu Paul en uniforme?

Sa soeur aînée fit signe de se taire devant la malade. On essayait de lui cacher les progrès de l'invasion, dont chaque étape nouvelle l'étouffait.

En quittant la fenêtre, nous la trouvâmes retombée dans son fauteuil. Elle grelottait et pleurait. On me renvoya comme toutes les fois que les choses tournaient au sérieux:

—Allons, va jouer, mon petit bonhomme, et sois sage.

Derrière mon dos, Marguerite disait:

—De quoi vous tourmentez-vous? il faut bien qu'on apprenne à ces messieurs le maniement du fusil: ce n'est pas une raison pour qu'ils s'en servent.

Et Georgette:

—Rassurez-vous, madame, on affirme que l'obus de Tours sera le dernier tiré…

Dans l'escalier, je criais à la bonne:

—Adèle! tu sais que Georgette a dit ce que tu lui avais défendu!…