—Comment, une cousine? où l'as-tu trouvée?

Mes deux amies étaient en deuil, comme moi, car elles avaient perdu leur frère Paul à la guerre; et il y avait son uniforme étendu sur un lit, dans une chambre où l'on entrait comme à l'église.

—D'abord, il ne faut pas le dire! C'est une cousine dont on ne parle pas.

Elles me saisirent chacune par une main, et m'emmenèrent dans le jardin, sous la tonnelle. Elles portaient de longs sarraus noirs, agrafés dans le dos.

—C'est que le noir est si chaud, par cette température! disaient-elles; alors, sous ces fourreaux-là, n'est-ce pas? on peut ne rien mettre du tout, et on est à l'aise… Allons! qu'est-ce que c'est que cette cousine? Tu n'as pas d'oncle marié. C'est une petite-fille de madame Leduc?

—Non, il n'est pas défendu de parler des petites-filles de madame
Leduc.

—Oh! mais… qu'est-ce qu'il veut dire? en voilà, un roman!

Marguerite, l'aînée, s'étant assise sous la tonnelle, me prit sur ses genoux, et elle donna un coup à son chapeau de paille pour qu'il ne me chatouillât pas la figure.

—Comment s'appelle-t-elle, ta nouvelle cousine?

—Je ne sais pas.