Grand'mère et moi montâmes dans la voiture, car nous devions aller jusqu'à la gare. Félicie s'installa. Elle jeta un dernier coup d'oeil sur ses bâtiments familiers: l'écurie, l'étable, le toit aux lapins, la boulangerie, le pigeonnier. Elle désigna un pauvre fuchsia au bord d'une fenêtre:
—Faites donc attention! dit-elle, le fuchsia vous tombera sur la tête, un de ces quatre matins!
Elle aperçut, sous le décrottoir, les chaussures à semelles de bois qu'elle avait mises la veille pour sa dernière promenade, et elle dit encore:
—Rentrez donc mes galoches!
Fridolin nous emportait.
On nous apprit, à notre retour, que Pidoux était venu au premier vent du départ de Félicie. Il paraissait très étonné, et, ce voyage ne lui convenant pas, il avait commencé à faire du bruit dans la cuisine.
—Prenez garde, Pidoux! madame pourrait avoir manqué le train!…
Il était retourné chez lui. Il guettait notre rentrée et fut aussitôt que nous à la maison. Sa colère éclata: il ne craignait plus personne.
Il accusait Félicie d'avoir «vendu le pauvre monde» en s'esquivant juste au moment où les affaires de Gruteau empiraient.
—Faudrait pas venir nous dire qu'elle ne l'a pas fait exprès: c'est d'hier que le premier billet Fantin est arrivé protesté à Beaumont!