»—Que ces hommes sont scélérats!... Vous étiez donc sa confidente, la bonne?

»—Mais oui... M. Jean avait beaucoup de confiance en moi, il me disait tout ce qu'il pensait!

»—Et où a-t-il connu cette femme?

»—C'est l'une de celles qu'il a sauvées un soir que des voleurs venaient de les attaquer?

»—Ah! l'horreur! une de ces femmes qu'il a trouvées dans la rue!... quelque malheureuse!... «Et c'est pour un semblable objet que je suis outragée!...

»—Ça n'est pas du tout une malheureuse! car il paraît, au contraire, que c'est une femme noble et millionnaire, qui a trois carrosses et vingt domestiques!»

Et Rose se retourne en se disant: «Faut dire tout ça, parce que ça la vexe.

»—C'est donc une princesse alors? Jolie princesse! qui se promenait seule le soir dans la rue des Trois-Pavillons!... Est-ce qu'elle est Italienne?

»—Ah! j'ignore si elle est Italienne ou Turquoise, M. Jean ne me l'a pas dit; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'il l'aime!... Ah! mais il l'aime d'une force...

»—Quand il l'aimerait comme un Samson, je vous réponds qu'il ne l'épousera pas!...—Bah! qui l'en empêcherait?—Moi.—Vous!—Oui, la bonne, moi!...—C'est peut-être déjà fait seulement!—Qu'il ne s'en avise pas!... Et le nom de cette beauté extraordinaire?—Je n'en sais rien.—Vous n'en savez rien?—Non, M. Jean ne me l'a pas dit.—C'est bien étonnant!... et sa demeure?—Je n'en sais rien.—Vous ne savez pas la demeure... vous la confidente de M. Jean?—Non, mamselle, je ne la sais pas... ou si je la sais, je ne veux pas vous la dire, parce que ce serait trahir les secrets de l'amour!...»