HÉRODE. Ne te lève pas, mon épouse, ma reine, c’est inutile. Je ne rentrerai pas avant qu’elle n’ait dansé. Dansez, Salomé, dansez pour moi.
HÉRODIAS. Ne dansez pas, ma fille.
SALOMÉ. Je suis prête, tétrarque.
[Salomé danse la danse des sept voiles.]
HÉRODE. Ah! c’est magnifique, c’est magnifique! Vous voyez qu’elle a dansé pour moi, votre fille. Approchez, Salomé! Approchez, afin que je puisse vous donner votre salaire. Ah! je paie bien les danseuses, moi. Toi, je te paierai bien. Je te donnerai tout ce que tu voudras. Que veux-tu, dis?
SALOMÉ [s’agenouillant] Je veux qu’on m’apporte présentement dans un bassin d’argent . . .
HÉRODE [riant] Dans un bassin d’argent? mais oui, dans un bassin d’argent, certainement. Elle est charmante, n’est-ce pas? Qu’est-ce que vous voulez qu’on vous apporte dans un bassin d’argent, ma chère et belle Salomé, vous qui êtes la plus belle de toutes les filles de Judée? Qu’est-ce que vous voulez qu’on vous apporte dans un bassin d’argent? Dites-moi. Quoi que cela puisse être on vous le donnera. Mes trésors vous appartiennent. Qu’est-ce que c’est, Salomé.
SALOMÉ [se levant] La tête d’Iokanaan.
HÉRODIAS. Ah! c’est bien dit, ma fille.
HÉRODE. Non, non.