Dans cette forêt, le jeune Emile du Bignaou s'aventura hardiment le lendemain des Rameaux. Et il fit de même le surlendemain. Et les jours suivants
il y vint encore. C'était à cent mètres de chez lui, du reste.
Ce qu'il cherchait? L'occasion de se venger, il lui fallait une réparation éclatante.
—Ah! l'insolente! grommelait-il.
L'insolente, c'était Mlle Florence Brion, dont ses narines se souvenaient avec une légitime rancune. Monsieur «Saigne-du-nez», ainsi appelait-on
l'héritier du Bignaou, dans la commune, depuis ce mémorable dimanche.
Et le petit-fils de Yan trouvait ce sobriquet ignominieux.
Oui, certes, il la lui fallait, cette réparation!
Et il songeait avec stupeur que Marie Catalan, la vierge campagnarde et riche que son cœur aimait, lui avait refusé une contredanse, à cause de cette aventure.