Et, clopin-clopant, en faisant: ouf! ouf! sur ses béquilles en bois de frêne vainement surmontées de velours bleu, le vieux Yan, écumant, entra le premier dans l'église, où il rythma sa marche pénible de sonores:
—Tous damnés! Ouf! Tous damnés!
IV
La procession avait eu lieu. La messe tirait à sa fin. L'église de Salignacq, remplie de bois vert comme un hangar de bûcheron, était toute recueillement et prières. Le député M. Brion et sa fille se tenaient près du chœur. Le vieux curé ne les regardait pas trop souvent: à peine dans les Dominus vobiscum, quand il devait se retourner vers les assistants. A vrai dire, pendant le long Évangile, il avait envoyé ses yeux en coulisse, deux ou trois fois, en tournant les pages. Mais il n'avait pu distinguer que le paroissien à couverture d'ivoire de la demoiselle, et quelques autres menus détails.
Yan, les yeux obstinément cloués sur son livre, était tout fier, en songeant qu'il n'avait pas eu la tentation de regarder le député une seule fois.
Du reste, on ne pouvait rien voir, de cette ridicule place!
Or, tout à coup, Poutoun, qui tenait fièrement à sa main la remarquable branche de laurier préparée par Yan, tomba à bras raccourcis sur un gamin crispant. Ne s'avisait-il pas, ce gamin, de lui arracher, une à une, toutes les fleurs de son laurier?
—Attends! attends!
Il lui asséna un coup de sa branche dans le dos.
Brouh! Cela fit un bruit de feuillage au fond de l'église.