«Et, prenant sur elle de dominer son émotion, prête à défaillir pourtant (car il s'agissait bien de lui maintenant, le doute n'était plus possible), Mme Farnier se rendait au salon. Elle y trouvait la danseuse. La Disdéri ne lui laissait pas le temps de lui adresser la parole. Les yeux suppliants, avec dans toute sa personne une prenante tristesse et une plus grande confusion, elle se précipitait au-devant de la mère:
«—Madame, excusez, pardonnez l'audace de ma démarche. J'en sens toute l'indiscrétion; ma place n'est pas ici, je le sais. Il a fallu que la chose fût bien grave pour me décider à tenter cette visite, madame.
«—Si grave que cela, mademoiselle? Parlez et, je vous en prie, veuillez vous asseoir.
«Une expression de gratitude détendait la face contractée de la Disdéri.
—Oh! merci, madame, merci de m'avoir reçue. Vous êtes bonne.
«Et la jeune femme s'asseyait.
«—Je vous attends, mademoiselle.
«Mme Farnier, elle, ne s'était pas assise. Il y eut un silence. La danseuse hésitait, puis, dépêchant les mots comme un chapelet:
«—Vous n'ignorez pas, madame, quelle profonde affection nous unit, M. André et moi.
«—Je sais, je sais, mademoiselle.