Ghislaine, elle, se dirigeait vers le vestibule et, tout à coup, se trouva face à face avec Paul de Gannes, l’ami le plus intime de M. de Moraines. Son visage était décomposé ; et, tout de suite, Ghislaine remarqua une traînée sombre qui tachait la manche de sa veste de chasse. Il s’exclama sourdement :

— Oh ! mademoiselle, quel accident !

— Grave ?

— Je le crains… Mais, après tout, je ne sais… Il avait repris connaissance, quand on l’a placé dans la charrette qui le ramène…

— C’est arrivé… quand ?

— Il doit y avoir une heure et demie environ…

— Mme de Maulde sait ?…

— Oui… Ma femme est auprès d’elle… L’événement l’a tellement bouleversée que nous ne pouvons compter sur elle en rien pour les soins à donner à ce pauvre Moraines. C’est pourquoi, mademoiselle, vous serez assez bonne pour nous excuser, n’est-ce pas, si nous recourons un peu à vous… Je pense que la chambre est prête à le recevoir ?…

— Je vais m’en assurer… J’y ai déjà envoyé Josette…

— Est-ce que vous voudriez bien y faire préparer tout ce dont le médecin pourrait avoir besoin ?