— Maman, je ne faisais rien qu’être heureuse et reconnaissante de votre affection et de votre bonté infinies ! Ah ! Ghislaine, ma Ghislaine, je veux que vous soyez heureuse à votre tour, comme je le suis !

Elle dit d’un étrange accent, de la même voix assourdie :

— Il est trop tard !… Mon bonheur, c’est le tien, ma petite aimée. Et il m’est précieux plus que le mien ne me le serait…

— Ah ! maman ! maman !… ma vraie maman !

Passionnément, elle embrassait la jeune femme, étreinte jusqu’à l’angoisse, par le sentiment de son impuissance à écarter d’elle toute tristesse.

Ghislaine demanda :

— Il t’a parlé… tantôt ?

— Oui… cela est venu par hasard… pendant que nous patinions ensemble… pour une simple phrase !… Ce soir seulement, il verra grand’mère. A vous, ma Ghislaine chérie, à vous, la première, je voulais dire mon bonheur, puisque je vous le dois…

Que disait-elle là ?… Certes, pourtant, elle ne pouvait savoir à quel point c’était l’absolue vérité…

Toujours agenouillée près de la jeune femme, ses yeux pleins d’une immense tendresse levés vers elle, Josette continuait :