—C'est justement sa demande et ce qui s'est passé qui m'obligeaient à l'inviter. Depuis notre départ pour la Hollande, je ne t'ai pas parlé de lui, mais tu dois comprendre qu'au point où en étaient les choses, nous ne pouvions pas entreprendre un voyage en Hollande, et surtout celui d'Italie, sans que je lui donne des explications.

—Des explications?

—Après t'avoir parlé de lui et de son projet de mariage, je lui avais écrit que, lorsqu'il rentrerait à Paris, son élection faite, nous examinerions ce projet qui me semblait pouvoir se réaliser, à mon grand contentement.

—Vous avez dit cela?

—N'était-ce pas la vérité; et pouvais-je à ce moment lui tenir un autre langage? Il désirait t'épouser, tu étais favorable à sa demande, moi-même je souhaitais ce mariage, je ne pouvais que lui dire: «Arrivez, je vous attends.» Au lieu de l'attendre, nous sommes partis, il fallait une explication, ou bien nous paraissions nous sauver pour rompre.

—N'était-ce pas le mieux?

—Je ne l'ai pas cru. D'Unières ne méritait pas cette injure, et je n'étais pas en disposition d'en faire à un homme tel que lui, que j'estime et que j'aime. Je l'ai donc prévenu que nous partions en voyage par ordonnance du médecin. Il me fallait bien un prétexte. Depuis, nous sommes restés en correspondance; il m'a écrit, je lui ai répondu; il m'a parlé de toi, je lui ai donné des nouvelles de ta santé. Nous rentrons, la première personne que je dois voir, c'est lui.

—Et après?

—C'est au présent qu'il fallait penser; après, nous aviserons.

—Je vous assure qu'il m'est très pénible de me trouver avec M. d'Unières.