Le lendemain matin, il ouvrit son courrier avec plus de hâte que de coutume; il s'y trouvait une lettre du prince:

«Mercredi soir, 10 heures.

«Monsieur,

«J'aurai l'honneur de me rendre demain au rendez-vous que vous m'indiquez, et je vous serai reconnaissant de vouloir bien m'attendre.

«Agréez l'expression de mes sentiments de considération.

«Prince AMOUROFF.»

A deux heures, Nicétas, que la curiosité rendait exact, entrait dans le cabinet du notaire, préparé à une discussion serrée sur les propositions que celui-ci allait lui transmettre de la part de la comtesse et du comte d'Unières aussi sans doute: il s'agissait de ne pas se laisser entortiller par la vieille momie.

Debout, une main appuyée sur le bras de son fauteuil, l'autre sur son bureau, le notaire était si froid, si raide, si impassible, qu'on pouvait le prendre en effet pour une momie.

—Lorsque vous vous êtes présenté dans mon étude, dit-il, vous saviez, n'est-ce pas, que j'étais le notaire de madame la comtesse et de M. le comte d'Unières ainsi que de la jeune Claude?

—Je le savais; c'est précisément pour cela que je me suis adressé à vous.