—Ah!
—Vous trouverez, sous la galerie à côté, trois maisons plus bas.
Le mot qui était venu aux lèvres du comte était «Vous êtes certain que ces perles sont fausses» mais il l'avait retenu; ce bijoutier ne pouvait pas se tromper, la rapidité avec laquelle il avait refermé l'écrin prouvait que le doute même n'était pas possible pour un homme du métier.
Et cependant, poussé par le besoin de ne pas croire, il voulut entrer dans le magasin qu'on lui avait indiqué; l'enseigne écrite sur la glace de la devanture était trop tentante: «Fabrique de perles et de bijoux»; c'était bien des perles fausses qu'on vendait dans cette maison qui les fabriquait.
Sa demande fut la même que chez le premier bijoutier: pouvait-on remplacer les deux perles qui manquaient au collier par des perles exactement pareilles; et la réponse fut celle qu'il attendait, mais que tout en lui repoussait:
—Rien n'est plus facile; seulement, pour avoir un travail parfait, il faut fabriquer les perles exprès, et cela demandera quelques jours.
Ne pouvant pas accorder ces quelques jours, il sortit, au grand étonnement du fabricant qui se demanda s'il avait affaire à un fou.
Fou, il l'était, en effet; ses idées se heurtaient dans sa tête, le ramenant toujours au même point, celui sur lequel, précisément, il ne voulait pas s'arrêter: les perles étaient vraies en sortant de chez Marche et Chabert; elles étaient devenues fausses depuis ce moment, et quand il avait demandé à Ghislaine de mettre ce collier; il avait rencontré une résistance inexplicable.
S'expliquait-elle maintenant?
Non, car assurément il y avait là un mystère qu'elle éclaircirait cependant d'un mot.