—Mais je vous assure que cela m'est tout à fait difficile; je n'ose pas.

—Pourquoi? Nos sentiments ne se décident-ils pas le plus souvent en vertu de certaines affinités mystérieuses dans lesquelles notre volonté ne joue aucun rôle? Ce que je te demande, c'est uniquement si parmi les jeunes gens que tu as vus et qui peuvent être des maris pour toi, il en est un, ou plusieurs, pour qui tu te sentes de la sympathie. Cela, rien de plus.

—Il y en a un qu'une jeune fille dans ma position pourrait, il me semble, accepter pour mari.

—Un seul?

—J'ai vu si peu de monde!

—C'est vrai. Eh bien! quel est ce mari possible?

Elle hésita un moment, détournant la tête pour cacher sa confusion, car il lui semblait que c'était là un aveu.

Son oncle lui prit le bras et, le passant sous le sien, il continua d'un ton tout plein d'une tendre affection:

—Crois-tu que je ne t'aime pas assez pour mériter d'être ton confident?

—Ce n'est pas du confident que j'ai peur, c'est de la confidence. Mais j'ai tort, je le sais, et ne veux pas plus longtemps me défendre sottement: j'ai pensé à M. d'Unières.