Montée dans sa chambre, elle le défit tout de suite pour le réintégrer dans l'écrin où elle espérait bien le tenir longtemps renfermé; mais au moment où elle allait ouvrir cet écrin, elle entendit le pas de son mari; alors, instinctivement, comme si elle était en faute, elle posa le collier sur une table en malachite et le recouvrit du fichu de dentelles dans lequel elle s'était enveloppé les épaules en sortant du salon.
—Vous vous déshabillez? dit-il.
—Oui.
—Eh bien! je vais attendre, nous causerons tout à l'heure; ne vous pressez pas; j'ai à lire ce paquet de lettres qu'on vient de me remettre.
Elle passa dans son cabinet, n'osant pas prendre le collier qui d'ailleurs, était bien caché, croyait-elle.
Le comte s'assit auprès de la table, sur laquelle était posée une grosse lampe en bronze, et il ouvrit une de ses lettres. Mais comme il se trouvait en dehors du rayon de la lumière, il se leva et prit la lampe pour la rapprocher.
En la reposant, une des trois griffes qui formaient le pied rencontra un coin du fichu et il se produisit un petit bruit sec comme celui d'une fracture.
Qu'avait-il donc cassé?
Il enleva le fichu et trouva le collier étalé sur la malachite; il avait écrasé deux perles.
Son premier mouvement fut du dépit et du chagrin.