—Moi aussi j'ai une affaire.

—Un mariage?

—Mieux que ça: un entant.

—Déjà!

Il fallut qu'il expliquât son affaire, et en la racontant, elle se précisa pour lui: les beaux côtés qu'il voulait montrer lui apparurent plus beaux qu'il ne les avait vus tout d'abord, et en les groupant il leur donna une importance qu'il n'avait pas tout de suite appréciée à sa réelle valeur: bien entendu, il eut soin de ne prononcer aucun nom vrai, ni de personne ni de pays; si ce ne fut pas par discrétion, ce fut par prudence.

L'ami eut un mouvement d'envie en écoutant ce récit: une fillette de onze ans; soixante mille francs de rente dont jouirait le père pendant dix ans! Avait-il une chance, ce Nicétas! mais ce mauvais sentiment ne dura pas; avec soixante mille francs de rente, Nicétas devenait un camarade utile, et puis le pauvre diable avait eu assez de déveine; il était temps vraiment que la roue tournât.

—Que vas-tu faire? demanda d'Anthan.

—Avant tout, ce qu'il faut, c'est bien établir la situation de l'enfant.

—Tu la veux, n'est-ce pas?

—Parbleu!