—Voulez-vous faire faire ces recherches, car je n'ai plus une seule épreuve de celles que vous m'avez données, et, en me regardant ce matin devant ma glace, j'ai trouvé de tels changements entre ma figure d'aujourd'hui et celle d'il y a trois ans, que je voudrais les étudier; il m'est venu à ce propos des idées sur l'expression de la physionomie dont je voudrais contrôler l'exactitude avec pièces à l'appui.
Les recherches faites par un commis n'amenèrent aucun résultat: il n'y avait pas d'épreuves.
—Justement, il y a quelques jours, je pensais à en faire tirer, dit le photographe; car voilà enfin venu pour vous le jour de gloire où votre portrait a sa place marquée dans les vitrines et les collections: on ne parle que de vos concours. Bien que j'aie abandonné la médecine sans esprit de retour, je ne suis pas devenu indifférent à ce qui la touche, et j'ai connu vos succès. Quel portrait mettrons-nous en circulation? l'ancien ou le nouveau?
—Le nouveau.
—Alors préparons-nous pour la pose.
—Pas aujourd'hui; c'est d'hier seulement que je me suis fait raser, à la suite d'une menace de pelade et la peau recouverte par la barbe a gardé une crudité de blancheur, qui accentuerait encore la dureté de ma physionomie, ce qui est vraiment inutile; nous attendrons donc que l'air m'ait bruni un peu; alors je reviendrai, je vous le promets.
—Combien voulez-vous d'épreuves de votre ancien portrait.
—Une me suffit.
—Je vous en enverrai une douzaine.
—Ne prenez pas cette peine, je les prendrai quand je viendrai poser; mais en attendant ne pourriez-vous pas me montrer le cliché?