Ce mot de tous était aussi celui de Mgr de la Hotoie, qui commençait a être fier de son élève.
Décidément la mère et le fils étaient dignes l'un de l'autre, et ils se valaient pour la perfection avec laquelle ils remplissaient leurs personnages; ils jouaient même si bien leur rôle qu'ils supprimaient l'émotion; on n'avait pas peur pour eux.
Cependant, au milieu de ses triomphes, Aurélien éprouvait une sérieuse contrariété.
C'était que Michel fit partie du club de la Caccia, tandis que lui-même appartenait au cercle de Saint-Pierre.
Combien la situation eût-elle été plus avantageuse pour lui s'ils avaient été réunis chaque jour, chaque soir!
Mais cette réunion malheureusement était impossible, car il y a entre ces deux cercles le même abîme qu'il y a entre le Vatican et le Quirinal, entre le pape et le roi d'Italie.
Qui fréquente l'un, par cela seul s'interdit l'autre.
Il était cependant d'un intérêt capital pour Aurélien de se lier de plus en plus intimement avec Michel, de même qu'il était capital pour madame Prétavoine d'obtenir la confiance et surtout les confidences de mademoiselle Emma, la femme de chambre de madame de la Roche-Odon.
Mais, de ce côté, les choses ne prenaient pas une tournure aussi favorable.
Sans doute Aurélien s'arrangeait pour voir Michel presque chaque jour, pour le rencontrer par hasard et faire un tour de promenade avec lui.