On la priait, on la suppliait.
Elle se défendait et refusait.
A quoi bon, qu'importait son nom obscur; tout ce qu'elle consentait à dire, c'était qu'elle était Française, demandant une prière pour son pays, livré lui aussi à l'erreur.
Mais avant de se retirer un dernier élan de foi la prosternait au pied de l'autel, et pendant qu'elle était plongée, noyée dans sa prière, la soeur Sainte-Julienne livrait tout bas ce nom refusé avec une si persistante humilité.
Et le soir ou le lendemain matin, monseigneur le cardinal-vicaire recevait de la supérieure une lettre qui lui apprenait qu'une dame française avait visité l'église, la chapelle, le sanctuaire, le couvent de... et qu'en se retirant elle avait laissé une généreuse offrande de... scudi. On avait voulu savoir le nom de cette généreuse donatrice, mais avec une humilité toute chrétienne elle avait refusé de le faire connaître, rien n'avait pu vaincre sa résistance; heureusement on avait pu incidemment apprendre le nom de cette pieuse personne.
C'était une dame Prétavoine, du diocèse de Condé-le-Châtel.
Et ce nom, auquel le cardinal-vicaire n'avait pas prêté grande attention la première fois qu'il l'avait lu, s'était peu à peu imposé à son esprit, si bien que lui aussi en était arrivé à parler de cette dame Prétavoine du diocèse de Condé-le-Châtel, de sa charité, de son humilité.
XVI
De son côté Aurélien suivait aussi la ligne de conduite qui lui avait été indiquée par Mgr de la Hotoie.
Mais bien entendu c'était par une voie toute différente que celle que sa mère avait adoptée.