—Cerda est rentré chez lui avec pas mal de cheveux en moins et les ongles de mademoiselle Rosa imprimés sur la figure.

—Cela vaut mieux qu'un coup de couteau.

—A son premier amant, Rose a joué du couteau; au second, des ongles; au troisième, elle prendra les choses avec une douce philosophie.

—Et madame de la Roche-Odon, comment-va-telle prendre les choses? On disait qu'elle était folle de Cerda.

—J'avoue que ce qui m'intrigue le plus, c'est de savoir comment Michel Berceau va les prendre: il était bien certain que c'était lord Harley, qui lui fournissait l'argent nécessaire à ses pertes de jeu, non pas en le lui donnant directement, mais par les mains de la vicomtesse; comment va-t-il jouer maintenant?

—Tu sais que je ne croirai jamais cela? dit Aurélien, voulant prendre la défense de celle qui serait bientôt sa belle-mère.

—Qu'est-ce que tu ne veux pas croire?

—Que la vicomtesse acceptait de l'argent de lord Harley.

—Alors d'où lui venaient les deux ou trois cent mille francs qu'elle dépensait chaque année?

—Cela, je n'en sais, rien; mais jamais, je n'admettrai qu'une femme telle que la vicomtesse a accepté une pareille existence.