En pénétrant chez la vicomtesse, lord Harley avait entendu et vu la scène que Rosa faisait à Cerda, et, aux premiers mots, il avait tout compris. Alors, sans faire lui-même une scène à sa maîtresse, il était sorti.
Cela résultait jusqu'à l'évidence du peu de temps qu'il avait passé dans la maison. Bien certainement il s'était contenté de ce qu'il avait vu et entendu, et s'il avait dit un mot, ç'avait été un seul: «Tout est fini!»
Et, pour madame Prétavoine, ce mot suffisait. Quant au reste, elle n'avait pas à en prendre souci.
La seule question inquiétante qui se présentait, était de savoir si, après être ainsi sorti sous l'impulsion d'une juste fureur, lord Harley ne reviendrait pas ramené par la lâcheté de la passion.
Mais c'était là une question insoluble et même insondable pour le présent; l'avenir seul pouvait la décider.
Et, rentrée dans sa chambre, madame Prétavoine se coucha avec la douce satisfaction d'avoir bien employé sa soirée.
Le lendemain matin, de bonne heure, elle entra dans la chambre d'Aurélien avant que celui-ci fût éveillé, et ce fut le bruit de sa porte qui lui fit ouvrir les yeux.
—Je désire que vous vous arrangiez pour voir le prince Michel aujourd'hui; dit-elle.
—Ah! et pourquoi?
—Pour le voir.