Si Aurélien avait pu passer avec indifférence devant le Panthéon qui est un monument païen, il ne pouvait pas ne pas paraître ému en s'approchant de Saint-Pierre, qui est le monument chrétien par excellence—sinon par le sentiment et le style, au moins par la tradition.

C'était le moment de s'attendrir et d'éprouver des sentiments de vénération et de componction: Saint-Pierre! le Vatican! c'est avec les yeux de l'âme qu'un catholique les regarde.

Il n'y manqua pas; pas plus qu'il ne manqua d'aller baiser dévotement le pied de la statue de saint Pierre usé par les lèvres ardentes des pèlerins qui depuis des siècles sont venus le polir les unes après les autres.

—Tu reviendras, disait M. de Vaunoise.

Mais Aurélien n'avait pas besoin de cette parole pour hâter sa visite: s'il ne parlait plus de madame de la Roche-Odon, il ne l'oubliait pas, et il était curieux de reprendre l'entretien au point où il avait été interrompu.

Bientôt ils remontèrent dans leur voiture, et par le Janicule, l'île du Tibre et l'Aventin ils se dirigèrent vers Saint-Paul.

Comme beaucoup d'étrangers établis à Rome, Vaunoise avait une peur effroyable de la fièvre, et à chaque instant il s'interrompait pour dire:

—Tu sais, là règne la fièvre.

Mais Aurélien ne voulait pas entendre parler de fièvre: madame de la Roche-Odon toujours, et la seule madame de la Roche-Odon.

Seulement, comme il importait de ne pas éveiller la défiance de Vaunoise, c'était avec des précautions et des détours qu'il revenait sans cesse à ce sujet.