—Ainsi vous m'aimez!

—Il a fallu vous le dire, puisque, vous mettiez tant de mauvaise volonté à me comprendre.

—Ah! Bérengère.

—Il paraît que ce qui était difficile à dire pour vous, devait être facile pour moi.

—Pouvais-je vous dire que je vous aimais, quand j'avais creusé moi-même par mes paroles un abîme entre nous?

—Et ce sont justement ces paroles, cher Richard, qui ont amené ma résolution; en vous voyant si plein de loyauté et de franchise avec moi, alors que vous compreniez tous les dangers de vos paroles, j'ai compris que, moi aussi je devais être loyale et franche avec vous. C'est vous qui par votre héroïsme m'avez montré mon devoir. Vous m'aimiez...

—Si je vous aimais!

—Oui, je le savais, je le sentais; vous m'aimiez, et cependant, au risque de me perdre, vous n'avez pas hésité, quand je vous obligeais à répondre, à le faire loyalement, sans détours, sans tromperie; cela m'a dicté ma conduite; puisque, par ma faute, je vous empêchais de jamais pouvoir me dire que vous m'aimiez, j'ai compris que c'était à moi de venir à vous pour vous dire: je vous aime.

—Oh! Bérengère encore ce mot, encore et toujours.

—Richard, je vous aime, Richard, je vous aime.