De son côté il hésita aussi avant de répondre, mais l'heure des faiblesses était passée, il devait parler.
—Je ne crois point.
Elle fut accablée par ce coup; cependant elle voulut faire un dernier effort:
—Vous croirez.
Sans répondre il secoua la tête par un geste qui en disait plus que toutes les paroles.
—Pourquoi vous prononcer ainsi, dès maintenant, sans savoir?
—Ah! certes j'ai la plus profonde admiration pour M. votre grand-père, pour sa foi, pour sa bonté, pour sa haute intelligence, mais ce n'est pas avec l'admiration qu'on persuade, c'est avec la raison.
—Et pourquoi ne croiriez-vous pas? s'écria-t-elle avec un mouvement de dépit et de colère.
—Voulez-vous donc que nous entreprenions une discussion religieuse; voulez-vous que je vous explique pourquoi je ne crois pas; voulez-vous que je vous démontre que je ne peux pas croire, et cela au risque de vous blesser dans vos convictions que je respecte, bien que je ne les partage pas?
—Ce n'est pas une discussion que je veux, c'est un mot qui me fasse comprendre ce que je ne comprends pas et qui... vous justifie par une raison que je puisse me dire et me répéter.