--Salue, mon enfant, c'est la Patrie qui passe!... Vive Thiers! Vive Thiers!

Moi, je connais Thiers. Je sais ce qu'il a été. Je sais ce qu'il est. Je ne saluerai pas.

La voiture est déjà passée, et je n'ai pas salué, je n'ai pas mis le doigt à mon chapeau.


Mon père se tourne vers moi:

--Pourquoi n'as-tu pas salué?

Je ne réponds pas. Il lève la main.

Qu'il frappe.

Mais le père Merlin a vu venir le coup. Il se place rapidement entre mon père et moi et, souriant:

--Décidément, Barbier,--pour revenir à nos moutons--je dois avouer que vous aviez raison tout à l'heure: vous êtes un bon bourgeois.