--Alors, nous allons passer le Rhin?

--Naturellement. Il est nécessaire de franchir ce fleuve pour envahir la Prusse.

--Alors, nous envahirons la Prusse?

--Naturellement, puisque nous avons 1813 et 1815 à venger.

--Ah! oui, 1813 et 1815! Après Waterloo, n'est-ce pas, monsieur? Quand Napoléon a été battu?...

--Napoléon n'a pas été battu. Il a été trahi, a fait M. Beaudrain en hochant la tête d'un air sombre. Mais donnez-moi donc votre devoir; c'est un chapitre des Commentaires, je crois?

--Oui, monsieur... J'ai vu chez M. Pion...

--... Les Commentaires... Ah! c'était un bien grand capitaine que César! Eh! eh! nous suivons ses traces. Seulement nous n'aurons pas besoin de perdre trois jours, comme lui, à jeter un pont sur le Rhin; nous irons un peu plus vite, eh! eh!... Qu'est-ce que vous avez vu, chez M. Pion?

--Une gravure qui représente Napoléon partant pour Sainte-Hélène et prononçant ces mots: «O France...»

Le professeur m'a coupé la parole d'un geste brusque; et, passant la main droite dans son gilet, la main gauche derrière le dos, il a murmuré d'une voix lugubre en levant les yeux au plafond: