--Bah! Vous êtes sûre?

--Comment donc! Il est dans son jardin, en train d'arroser ses fleurs.

Et, plus bas:

--Il a un linge blanc autour de la tête; le front tout entortillé... Il y a quelque chose là-dessous.

--Oh! oui, fait ma soeur; quelque chose de louche. Il vaudrait mieux savoir à quoi s'en tenir, car enfin on ne peut pas fréquenter toute sorte de monde. N'est-ce pas, papa?

--Sans doute, sans doute; mais...

--Oh! tu sais, tu ne m'ôteras pas de l'idée qu'il a attrapé ses horions à la manifestation... tenez, madame, j'ai gardé le journal. Le voilà.

Elle lit:

--«A la hauteur de la Porte-Saint-Martin, une bande composée de quelques centaines de voyous, escortant un grand drôle portant un drapeau, se dirige vers le Château-d'Eau, aux cris de: Vive la paix! Cette manifestation est accueillie par des sifflets partis des bas-côtés des boulevards. Et bientôt la foule, ne pouvant plus contenir son indignation, se précipite sur ces stipendiés de Bismarck et les disperse, non sans avoir administré à quelques-uns des plus acharnés une correction bien méritée.»

Mme Arnal hoche la tête.