Les Prussiens redoutent un mouvement de l'armée de Metz. Ils savent bien--et nous devons nous en douter aussi, si peu perspicaces que nous soyons--que le maréchal Bazaine n'est pas resté pour rien sous cette place forte. Il attendait le moment d'agir.
--Et ce moment est venu? implore Louise. Oh! dites-nous tout, monsieur Zabulon.
--Chut! dit le Luxembourgeois en mettant un doigt sur ses lèvres. Je ne sais encore rien,--rien de précis, tout au moins.--Mais, un de ces jours...
Ce jour est venu. M. Hoffner, après avoir fait fermer toutes les portes à clef, a tiré de dessous son gilet une feuille de papier de soie couverte de caractères microscopiques. C'est une dépêche apportée de Metz par un ballon.
--Un ballon! s'écrie Mme Arnal. Il est arrivé à Versailles? Il est?...
M. Hoffner, très digne, l'interrompt.
--Madame, je vous en prie, ne m'interrogez pas. J'ai juré de garder le secret. La moindre indiscrétion...
--Oh! alors, taisons-nous, fait ma soeur en roulant les yeux.
Le Luxembourgeois lit la dépêche. Elle est courte, mais expressive: