SAINT-GUELTAS, (à Louise.) Vous l'entendez, nos deux noms ne font plus qu'un seul cri de guerre. (Au comte.) Vous feriez bien, monsieur le comte, de vous montrer à notre campement. Vos cheveux blancs et la présence de mademoiselle de Sauvières enflammeraient l'ardeur de nos gens. C'est de l'enthousiasme, c'est du prestige qu'il faut à ces âmes simples!
LE COMTE. Monsieur le marquis, vous n'obtiendrez pas que je me porte avec vous à l'attaque de Puy-la-Guerche. C'est assez d'abandonner cette malheureuse ville, je ne vous la livrerai pas. Vous avez ma parole. Dites-moi en quel lieu et quel jour j'aurai à vous rejoindre après que vous aurez fait ce coup de main.
SAINT-GUELTAS. Ce ne sera pas long, nous ne gardons pas les pays conquis; nous portons la terreur et le châtiment de ville en ville. Ce soir, nous surprenons Puy-la-Guerche; demain, nous serons à Buzanays.
LE COMTE. J'y serai aussi.
SAINT-GUELTAS. Il faudrait vous mettre en route sur-le-champ... autrement, les républicains viendront s'opposer à votre départ.
LE COMTE, (tristement.) C'est-à-dire à ma fuite! Je fuirai, monsieur, et sans tarder!
SAINT-GUELTAS, (bas, à Louise.) Vous ne craignez pas que votre père ne revienne sur sa décision? Elle lui coûte beaucoup!
LOUISE. Vous avez sa parole... et la mienne! A demain, monsieur!
SAINT-GUELTAS, (tendrement.) A demain! (à part) ou à tout à l'heure!
LE COMTE, (le saluant.) Au revoir, monsieur le marquis!