L’escalier se perdait dans une tour humide et noire. Nous atteignîmes bientôt un palier assez spacieux. Un homme était là, la tige d’un carel accrochée au bout des doigts.
—C’est donc le jour des Frères aujourd’hui? dit ce personnage sinistre.
Les gendarmes éclatèrent de rire.
—Il paraît bien! répondit l’un d’eux.
—Il y avait longtemps que nous guettions Barnabé, ajouta un autre.
—Il porte plus d’un gros péché sur la conscience, continua un troisième.
—Sans parler de M. Cœurdevache, de Saint-Pons, conclut le quatrième gendarme.
Une lourde porte, ferrée de gros clous faisant saillie sur le bois, fut ouverte. On nous poussa; puis la porte, retirée vivement, se referma.
Nous restâmes debout dans les ténèbres, consternés, écrasés, anéantis. Après avoir pleuré, sangloté, je poussai des cris. Je n’étais pas maître de ne pas crier. Soudain, une main me frôla. C’était évidemment la main de Barnabé. J’eus un frisson d’horreur.
—Voulez-vous me laisser! lui dis-je, reculant.