«Tonnelier malin,
Pour qu’en tes barriques
Les bonnes pratiques
Remisent leur vin,
Tonnelier malin,
Raccoutre-les bien.»
—C’est lui, Frère, c’est lui! s’écria Gathon, folle de joie.
Ayant ouvert la porte, elle dégringola le perron.
Barnabé, atteint par cette nouvelle, se dressa sur ses quilles à son tour. De ses dix doigts il agrippa le jambon.
—La besace, fillot! me dit-il.
Je la lui présentai. O désespoir! l’ouverture en était trop étroite. L’ermite essaya de ployer le manche du jambon. Vains efforts! le manche, venu d’une bête solide, résista. Que faire? Où cacher cette énorme aubaine?
Cependant, on entendait la voix de Jacques Molinier parlant à sa femme, et la voix des voisins souhaitant la bienvenue au voyageur. Barnabé suait à grosses gouttes, et moi, sous ma soutanelle et mon surplis, je sentais mes pauvres membres flageoler.
Enfin, la besace eut un gémissement, elle craquait sous l’effort. Qu’importe! le jambon allait disparaître. Malheureusement, à cette minute même, Jacques Molinier parut.
—Eh bien, Frère, que faites-vous là? demanda-t-il.
—Rien, rien, bredouilla Barnabé parachevant sa besogne.