IV
Après un plongeon de plusieurs mois, Venceslas et Catherine reviennent sur l’eau.
Une heure de travail acharné nous suffit à peine pour débarrasser la chapelle de Notre-Dame de la poussière et des araignées qui l’encombraient. Peut-être, en y regardant bien, malgré les torchons promenés dans tous les sens à la cime d’une latte, eût-on découvert encore en maints endroits plus d’un lambeau de toile noirâtre tombant des voûtes; mais l’aspect général était décent, et Barnabé, dans sa sagesse, décida que nous devions nous en tenir là.
Restait le petit sanctuaire de Sainte-Anne-la-Marieuse, à cinquante mètres plus loin sur la roche nue. Nous y volâmes, et je passai le balai à travers les dalles branlantes, tandis que le Frère époussetait les candélabres en bois doré des gradins, lavait soigneusement la pierre sacrée de l’autel et étendait dessus une nappe blanche en gros fil de genêt.
—Enfin, souffla l’ermite, la procession peut arriver!
A ce moment, Baptiste, que nous avions laissé paissant les frigoules rares et maigres qui égayent les déchiquetures de l’énorme bloc, parut à la porte de la chapelle de Sainte-Anne; son poil était hérissé, ses oreilles étaient droites, et sa queue, soulevée, se tendait rigide comme un bâton. En nous apercevant, il fila les plus jolies notes de sa gamme.
—Il y a du nouveau, dit Barnabé, attentif au chant et à toute l’attitude effarée de sa bête.
Il lui fit un signe. Baptiste, la langue au repos, marcha devant. Nous le suivîmes.