—Simonnet!

Et, les poings serrés, je m’avançai vers les osiers d’où partait le noël.

La corbeille, avec le linge blanc qui recouvrait les faisselles, émergea peu à peu au-dessus du feuillage, puis je vis le front, puis les yeux, puis la barbe noire, enfin toute la poitrine de Simonnet Garidel.

—Tu n’as pas honte, lui criai-je courroucé, tu n’as pas honte de voler comme ça les provisions d’autrui! Tu as mangé plus d’un fromageon, sans doute?

Simonnet, tout penaud, s’avança vers Juliette Combal.

—Est-ce que cela te déplairait que je te porte la corbeille jusqu’à la rivière? lui demanda-t-il.

Sa voix chevrotait.

—Tu parles comme un agneau qui fait !... au sortir de la bergerie. Crois-tu que, Liette et moi, nous ne soyons pas capables de nous tirer d’affaire?

—C’est que la corbeille est bien lourde, murmura-t-il; puis elle foule les cheveux de Liette.

—Les cheveux de Liette! Est-ce qu’ils te regardent, les cheveux de Liette?