Après, il entre dans la nuit ; certaines phrases des épîtres à Timothée laissent entendre que, libéré, il retourna en Asie, revint à Rome, fut, de nouveau, incarcéré. Une ferme tradition fixe là son martyre, en outre attesté par cinq textes dont le plus ancien, l’épître de Clément romain, — écrite entre 92 et 101, — lui rend ce grave hommage :

« Chargé sept fois de chaînes, banni, lapidé, devenu héraut de la foi en Orient et en Occident, il a reçu pour sa foi une noble gloire. Après avoir enseigné la justice au monde entier, atteint les bornes de l’Occident, accompli son martyre devant ceux qui gouvernent, il a quitté le monde et s’en est allé au saint lieu, illustre modèle de patience[5]. »

[5] Ed. Hemmer, ch. V.

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Regardée du dehors, et crayonnée à gros traits, la carrière de saint Paul révèle des puissances de foi et de persuasion qui font de lui l’Apôtre type.

Si aucun homme n’est strictement nécessaire, certains sont uniques. Leur tâche, personne ne l’eût remplie comme eux ni aussi bien. La bataille d’Austerlitz se concevrait mal gagnée par un autre que Napoléon.

Entre les disciples de Jésus, ce n’est pas à nous de trancher quel fut le plus grand. Pierre eut le privilège d’une bonté simple et incomparable. Jamais Paul ne prononcera des mots comme ceux-ci :

« Vous le savez, Seigneur, que je vous aime[6]. »

[6] Jean XXI, 16.

Ou, au boiteux du Temple avant de le guérir :