Et, m’attirant à lui, il me pressa dans ses bras avec une sorte d’emportement farouche. A travers les nuages qui les voilaient, il lui passait dans les yeux des lueurs étranges, mélange de douleur et de passion, mais où la douleur dominait.
La chambre s’était lentement obscurcie. La cloche du dîner résonna.
— Adieu ! murmurai-je.
Mais il ne me laissait pas partir ; il lissait doucement les bandeaux de mes cheveux et me regardait comme s’il eût voulu graver à jamais mon image dans son cœur. Puis, s’approchant d’un grand vase rempli de roses-thé et de grappes de lilas blanc, il en prit les fleurs et, les entrelaçant de branches de myrte, les plaça une à une dans mes cheveux.
Une fois encore, nos deux ombres enlacées se reflétèrent dans le miroir assombri.
— Adieu ! répétai-je.
A la porte du salon, je rencontrai le marquis ; il poussa une exclamation.
— Tout en blanc, chère mademoiselle ! s’écria-t-il en me passant sous l’inspection de ses regards hardis. C’est pur ! c’est délicat !... Une vestale ! tout à fait une vestale !
Ses yeux se fixèrent sur ma coiffure. Un sourire sardonique plissa ses lèvres :
— Une vestale couronnée... par l’amour ! ajouta-t-il très bas en s’inclinant profondément.