Je ne lui réponds rien… Je continue de descendre les marches de l’immeuble.
« Oui, reprend le lutin, tu vas encore t’arrêter chez la concierge, en bon flic que tu es ! Toi, tu travailles à la papa, style commissaire de police ! Oui, oui, je te vois venir… »
Il y un groupe de personnes chez la pipelette, qui commentent l’incident… À cause de mon lutin moqueur, je passe fier comme Artaban devant la loge…
« Oh ! ça va ! gouaille le lutin, ne fais pas le susceptible, moi, ce que j’en disais, c’était histoire de te faire renauder un peu… Bien sûr qu’il faut la voir, cette concierge, peut-être sait-elle qui est Isabelle… Et Isabelle sait peut-être quelque chose… Et ce quelque chose confirmera tes doutes. C’est cela que tu attends, non ?
« Tous les humains sont embriqués les uns dans les autres… Ils se tiennent tous par la main… ou par ailleurs ! Et toi, mon petit flic déluré, tu sais cela, alors… »
Je cogne sur mon front.
— Oh ! ta gueule ! je grommelle.
Le lutin la boucle instantanément.
Je décris alors une volte-face et j’entre sans frapper chez la concierge. Je comprends pourquoi elle n’est pas au quatrième, à essayer de voir quelque chose : elle a les flûtes paralysées et c’est son vieux qui doit s’occuper de la cambuse.
Elle, elle vit au fond de son trou noir, comme un cloporte. Elle est maigre et blême comme une endive. Des lunettes teintées de bleu creusent encore ses orbites.