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La mère a entendu les détonations, elle dit :
— Ça se bat donc encore…
Hélène serre les dents.
« Et si c’était ?… songe-t-elle. Mais elle refuse l’horrible doute. Elle ne veut pas que cela soit, même si cela est, elle acceptera le fait plus tard. Il lui reste à admettre une foule de choses qui ne s’accommodent pas de… enfin de…
Elle prend sa mère par le bras. C’est beaucoup de chair morte dans sa main, car la mère n’aura pas de peine à mourir ; déjà elle n’est plus tout à fait vivante, semblable à tous les êtres qui ont accompli leur mission.
Hélène lui dit :
— Écoute bien, maman, de toute notre existence à nous quatre, le plus beau moment aura été les quelques heures que nous avons passées dans la chambre. Parce que ces heures, nous les avons vécues uniquement pour vivre, pour durer. Elles étaient immenses comme des vies entières et si lourdes… Tu ne crois pas ?
— Peut-être bien, fait la mère.
Elle passe sa main molle sur la tête rasée d’Hélène.