— Attendez…
Je perçois un froissement de papier…
— Un poulet, du beurre, des citrons et des oranges.
— Bon… J’arrive ! Préparez le tout…
— As-tu des oranges ? je demande à maman.
— Évidemment, fait-elle.
C’est vrai qu’elle a de tout, cette sacrée Félicie. On peut lui tomber sur le râble à l’improviste. Le temps de compter jusqu’à cent et elle vous sert un gueuleton qui ferait pâlir de jalousie un cuistot ayant dans le guide Michelin autant d’étoiles que le maréchal Juin en a sur son képi.
— Donne m’en un kilo…
Je cavale dans ma chambre, j’ouvre un tiroir de ma commode et je choisis une petite fiole bleue à bouchon de caoutchouc. Je me munis d’une seringue de Pravaz et je redescends.
— Qu’est-ce que tu fais ! s’exclame Félicie, lorsqu’elle me voit injecter quelques gouttes du liquide de la fiole bleue dans chacune des oranges.