Il s’agit davantage d’un passage que d’une cour. Il est pavé de façon grossière et des poubelles y sont entreposées entretenant dans ce coin une odeur putride très désagréable.
Nous courons entre deux immeubles jusqu’à l’extrémité de cette bande à ciel ouvert. Elle se termine par une porte et cette porte donne sur un fournil de boulanger.
Des cris nous parviennent, venant de la maison que nous quittons, ils sont ponctués de coups de sifflet… Je crois que mes collègues ne perdent pas leur temps… Ils ont découvert la petite bonne inanimée et ils ont bien vu qu’elle ne s’était pas fait ça en se cognant avec un plumeau.
Je ne rigole pas, je vous jure. Je ne me fais pas plus d’illusions que le type qui, rentrant chez lui, trouve sa mousmé en train de jouer à Papa-maman avec le facteur.
L’affaire a mal déguillé, les deux petits Viets et Mme la générale n’ont pas la moindre chance de s’en tirer. Pour ça bravo ! Seulement, avant de se laisser harponner, ils videront leur quincaillerie dans la pauvre bedaine de San-Antonio et ça c’est pas joyce du tout à envisager.
D’un coup d’épaule, le plus râblé des deux tueurs fait céder le minable verrou fermant la porte du fournil.
Nous entrons, et là il y a un moment de flottement car il s’agit de se repérer.
Je regarde mes petits copains d’un air goguenard.
— Et après ? je leur demande…
L’un des Chinois va à l’extrémité du fournil. Il tombe sur une porte, laquelle est solidement bouclée. Celle-ci, pour la faire sauter il faudrait être Rigoulot ou bien tirer des rafales de mitrailleuse dans la serrure ! Comme personne ne sait où elle aboutit et que, de toute façon, il faut prévoir qu’elle s’ouvre sur un coin civilisé, ils renoncent à l’ouvrir.