Cette visite doit l’intriguer, la chère femme.

J’entends le claquement décidé de deux hauts talons sur un parquet ciré.

Puis, la porte vitrée s’ouvre à nouveau.

Une fille du tonnerre apparaît. Et quand je dis qu’elle apparaît, je pèse mes mots avec un pèse-lettres. C’est une apparition, en effet : celle de la fille rousse dont j’ai lancé le signalement aux quatre coins de la planète.

CHAPITRE XVIII

Dans le… pétrin

Elle est presque aussi grande que moi. Elle a les cheveux coupés à la Martine Carol. Ses seins sont très hauts, très durs, très drus. Ses yeux sont bleus avec comme un petit cercle vert autour de l’iris… Elle porte un chemisier de soie crème et une jupe de lainage foncé. Ses bas sont chair, avec une couture noire et un talon noir…

D’un seul coup d’œil, je saisis tous ces détails et je m’en repais. Franchement, on n’a pas le droit de mourir avant d’avoir vu une souris comme celle-là.

Elle me regarde et semble ne pas me connaître.

— À qui ai-je l’honneur ? demande-t-elle.