— Alors, moi je vais te dire autre chose : dans trois quarts d’heure, il y a un bon rapide pour Lyon. Tu as juste le temps de sauter sur ta brosse à dents, et de là dans ce train.
— Quoi ? croasse le pauvre homme.
— Tu m’as parfaitement entendu ! Suppose qu’il y ait le feu à ton falzard et agis en conséquence. Tu seras à Lyon aux premières heures de la matinée. Tu iras trouver l’inspecteur Turjot, qui te passera des tuyaux au sujet d’un certain Mollard. Ensuite de quoi, tu chercheras, toi qui sais si bien remonter le temps, ce qu’a bien pu foutre à Lyon ton petit ami Almayer avant d’être déguisé en chair à poisson… Souviens-toi qu’il était champion du blindage !..
— Partir comme ça ! larmoie-t-il.
— Oui. Va, cours, vole et nous rancarde. C’est pour ta patrie que tu découches !
Je raccroche, afin de couper court à ses jérémiades. Si je l’écoutais, il raterait sûrement son dur.
Sans le moindre remords, j’aide Félicie à sécher la bouteille de champ. Elle est bien frappée, pas Félicie, mais la bouteille. Moi, par contre, je ne me frappe pas…
— C’est pour la paix que mon Pinaud travaille ! murmuré-je en m’enfonçant dans les toiles.
* * *
C’est un homme complètement réparé qui saute sur sa carpette le lendemain matin.