Il s’agissait d’un homme ; on le voyait à cause de ses fringues. À part ça, pour le reconnaître fallait se lever de bonne heure ! Ses tifs manquaient par plaques… Il avait de larges taches verdâtres sur le visage et les brochets avaient commencé à casser la croûte…

Tatave a cavalé au refile. C’était normal… Je sais que moi j’ai dû me cramponner à la rampe pour ne pas accrocher les wagons aussi. C’était un drôle de spectacle !

— C’est un noyé, a dit le tonton.

— On ne peut rien te cacher, ai-je dit…

J’ai examiné le corps… Le bonhomme avait dû être assez costaud. La flotte l’avait gonflé, ça faussait les proportions. Il lui manquait ses pompes et ses chaussettes. J’ai aussitôt repéré le morceau de fil de fer entortillé à sa cheville droite. Il était éloquent comme un candidat député ; il gueulait au meurtre !

Ce fil de fer avait servi à attacher un poids aux jambes du gnace. Mais le séjour dans la baille avait eu raison de cette entrave. Rien n’empêche un cadavre de remonter un jour ou l’autre !

— Qu’est-ce qu’on fait ? a demandé Gustave.

— Facile, on met la police au parfum de l’histoire. Ta veuve a le téléphone ?

— Oui…

— Alors cours prévenir le commissariat le plus proche…