C’est du peu avant le gros coup de tataouine ! Lorsque Maresco va savoir que je lui ai démoli ses zèbres, il voudra avoir la peau de mes valseuses pour s’en faire faire une couverture chauffante ! Il va me coller les flics au dargeot. Et, cette fois, ils fonceront de bon cœur, les perdreaux, car ils savent que je ne suis pas un caïd, que je ne bouffe pas avec le gouverneur et qu’en fait de millions, je n’ai que le bonjour de chez moi à leur donner.
Je me fringue à la vitesse d’un illusionniste, j’empoche le feu de Dick, son blé, le blé récolté sur Jo. Et me voilà parti dans les couloirs de l’hôtel. Il est près de quatre heures du mat’. Le jour commence à rôdailler.
Je sors du palace sans avoir éveillé l’attention. Je me remue la rondelle. Il s’agit de faire vinaigre pour prendre les dispositions qui s’imposent.
Je me souviens avoir vu un bureau de poste ouvert la nuit. A force de tourner au volant de mon baquet, je finis par tomber dessus. Je m’y précipite.
A un gnace du guichet « telegraph », j’explique que je veux envoyer un message urgent en France. Il me tend le formulaire. Mais, réflexion faite, je me dis qu’on en trouvera la trace et je réclame une carte-lettre à poster par avion.
J’écris hâtivement à mon chef pour le mettre au parfum de ce qui est arrivé. Je lui résume en dix lignes la situation en l’affranchissant sur les activités de Maresco. Je lui demande de faire fissa pour intervenir auprès des autorités américaines.
Je poste la bafouille. Il l’aura après-demain. Il s’agit de pouvoir tenir jusque-là.
Halsted St… C’est là.
Je repère l’immeuble et je poursuis ma route. Je trouve un parc à voitures, un peu plus loin. Il est peu garni. J’abandonne ma tire et je reviens jusqu’à la carrée de Cecilia. Cette gosse est ma planche de salut. Je ne vois qu’elle qui puisse me planquer le temps nécessaire.
J’appuie sur un bouton de sonnette. Un long moment s’écoule. Comme je m’apprête à appuyer de nouveau, sa voix brumeuse résonne dans l’appareil acoustique.