—Ton mari est réellement très brave, dit Mlle de Corandeuil.
...Gerfaut essuyait, avec un foulard, le sang qui coulait de son front...
—Dessin de WEISZ, gravure de H. MANESSE
—Brave comme feu le dieu Mars. Cette fois le courage était poussé jusqu’à l’imprudence; et je ne sais trop ce qui en serait résulté, si une seconde fois, la foule ne se fût dispersée précipitamment à l’approche des lanciers qui remontaient le boulevard. J’entraînai Bergenheim dans un café; il n’avait heureusement qu’une foulure au bras.
En ce moment la narration de Marillac fut interrompue par un bruit de voix confuses et de pas précipités. La porte s’ouvrit brusquement, et Aline se précipita dans le salon, avec son impétuosité ordinaire.
—Que vous est-il arrivé? s’écria Mme de Bergenheim, en courant au-devant de sa belle-sœur, dont l’amazone et le chapeau étaient souillés de boue.
—Rien, répondit la jeune fille d’une voix entrecoupée; c’est Titania qui a voulu me jeter à l’eau.—Savez-vous où est Rousselet?—On dit qu’il faut le saigner; il n’y a que lui qui puisse le faire.
—Mon mari est blessé? dit Clémence en pâlissant.
—Non, pas Christian;—c’est un monsieur que je ne connais pas; sans lui j’étais noyée.—Mon Dieu! est-ce qu’on ne trouvera pas Rousselet?