— Je n’en doute pas, et je suis charmée d’avoir fait votre conquête, mais je ne dédaigne pas les hommages de Didier non plus, et je prétends encore plaire à d’autres.
— C’est joliment raide de dire cela à un mari.
— Et pourquoi donc ? Est-ce que vous songiez à être amoureux de moi lorsque je ne pensais qu’à plaire à vous tout seul ; est-ce que jamais nous avions ensemble des conversations aussi tendres que celle-ci ; j’ai donc trouvé le vrai moyen de vous être agréable, j’en suis ravie et je compte m’y tenir.
— Qu’est-ce que vous avez à répondre à cela, mon cher ? interroge Didier d’un air pacifique.
— Je le dirai à Lolo tout à l’heure ; c’est vous et Monteux qui lui mettez ces belles idées en tête.
— Mais je m’en vante ; croyez-moi, mon cher, vous ne connaissez pas encore madame Baugé, il faudra peut-être que vous soupiez avec elle plusieurs fois pour la comprendre.
— Je veux bien, moi ; dis donc, Lolo, où as-tu envie d’aller ce soir ? je suis à tes ordres pour n’importe où et n’importe quoi.
— Vous êtes bien aimable, mais je suis attendue chez Roseline.
— Chez Roseline ! tu ne vas pas me lâcher, par exemple.
— Mais je ne vous empêche nullement de venir aussi.