— Voilà qui me plaît, dit Roseline en s’asseyant ; au moins on est sûr qu’on ne mange pas la poussière qui s’est casée dans les sculptures et les tableaux. Elle est tout à fait de mon goût, votre salle à manger, Didier.
— N’est-ce pas, madame, qu’on voit tout de suite que je suis un homme à mœurs pures ? Tenez, voulez-vous du lait ?
Et en même temps il en remplit son verre et celui de Monteux.
— Pourquoi du lait, Didier ? demanda Roseline.
— Mais par hygiène, madame ; c’est la nourriture par excellence. Si vous n’en avez pas envie, voilà du bordeaux, car vous ne vous attendez pas à ce que je vous donne aucun vin malfaisant ni quelque poison alcoolique, je vous aime trop pour cela.
— Vrai, vous buvez du lait, vous Didier ? demanda Lolo.
— Mais certainement, madame ; j’ai la volonté très arrêtée de ne jamais devenir un névrosé et de ne pas trembler à quarante ans ; je n’ai heureusement pas besoin d’excitants pour me tenir éveillé. Le Divin est mon disciple en hygiène, il m’obéit et s’en trouve bien.
— Alors, donnez-nous aussi du lait, Didier ; et puis c’est très joli, cette chose blanche et douce.
— Oui, cela a quelque chose de tendre, dit le Divin.
— Ah ! madame, reprit Didier, le lait est un symbole très profond, et, du reste, tout autour de nous est symbole si nous savions regarder et voir.