« La Fontaine, c’est l’esprit de détail et la naïveté ;

« Lamartine, c’est l’élévation, la facilité et l’harmonie ;

« Victor Hugo, c’est la recherche et l’invention du nouveau et de l’étonnant, l’ampleur, l’énergie, le trait, la verve, le relief et le coloris ;

« Alfred de Musset, c’est la jeunesse désillusionnée, la facilité, la grâce et l’envolée ;

« Béranger, c’est la finesse, l’esprit de détail et le calcul de l’effet ;

« Bossuet, c’est l’amplitude de l’envergure, la vigueur et la majesté ;

« Fénelon, c’est l’abondance, l’élégance et le calme ;

« Pascal, c’est l’exactitude, la concision et la clarté ;

« Montaigne, c’est la pénétration et le naturel. »

Ces jugements sont insignifiants, parce qu’ils font double emploi et s’appliquent aussi bien à un auteur qu’à un autre. On peut tout aussi bien dire de Bossuet, comme de Lamartine, qu’il a la facilité, l’élévation et l’harmonie ; Pascal a, comme Montaigne, de la pénétration et du naturel, et Fénelon autant de pureté, de grâce et d’harmonie que Racine, etc. Tout cela ne signifie rien. Il faudrait, au contraire, tout différencier et ne dire que ce qui caractérise chaque auteur.